POURQUOI SOMMES-NOUS DANS UNE DECENNIE DE L’INNOVATION ?
Nous avons, à plusieurs reprises, mentionné le fait que notre Economie entrait dans
une décennie d'innovation. Les nombreux commentaires que nous avons reçus à ce sujet
nous amènent à répondre à cette question récurente : pourquoi peut-on affirmer que
nous sommes entrés dans une période d'innovation ? Sachant que la prospective n'est
pas une science divinatoire mais une logique en regard du passé et du présent, la
réponse à la dite question se fera en 2 temps. Le passé sera bien sûr la poutre maîtresse
de l'argumentation et le présent sera l'élément déclencheur.
La connaissance du passé est en effet la base essentielle de la prospective économique.
Nous avons toujours vécu et nous continuons ainsi à vivre dans des cycles. Certes,
la durée de ceux-ci est élastique mais on arrive à s'y retrouver. En ce qui concerne
l'innovation, il a été observé au moins à 7 reprises le même phénomène de période
innovante majeure succédant à une équation favorable situation sociétale/situation
économique. Pour faire simple, il faut que la Société d'un pays, d'une zone économique
(ZELE) ou d'une région du Globe soit dans une impasse pour que l'équation Société/Economie
accouche d'une logique d'innovation. De la même façon, il faut qu'en matière d'Economie
il y ait crise ou tout au moins fort ralentissement pour que les conditions soient
réunies. Or cela fait plus d'1 an que l'équation est mûre. Des officines gouvernementales
et privées, qui vivent de la vente de leurs prévisions, sont d'ailleurs sur leur
31 depuis plus de 6 mois. Ce que nous exposons ici est bien entendu rarement expliqué
ou débattu pour que les officines sus-nommées "fassent leur beurre". Outre le fonctionnement
décrit ci-avant, il convient de retenir que 20 ans environ se sont écoulés depuis
la précédente période d'innovation constatée et reconnue. Non pas qu'il ne se soit
rien passé d'innovant depuis 20 ans mais cela n'a pas été considéré comme majeur.
Le troisième et dernier enseignement à enregistrer est que l'équation actuelle Société/Economie
est très déficitaire comparée aux équations antérieures analysées. Ce qui signifie
que les innovations en gestation vont révolutionner la vie de demain. C'est aussi
la connaissance des périodes similaires dans le passé qui permet de dire que leur
durée moyenne est d'environ 10 ans.
L'analyse en profondeur de la fameuse équation à la fin de l'année 2010 vient conforter
l'observation du passé.
Sur le plan économique, la nouvelle carte mondiale de la production avec l'avènement
des BRIC est le premier point. La naissance de nouveaux marchés de consommation est
le second élément. La montée en puissance de la Bi-entreprise (voir articles 18 à
20) est le troisième vecteur. Le quatrième étant bien sûr l'influence des moyens
de communication qui condamnent à terme la parole au détriment de l'écrit. Le cinquième
vecteur concerne la nouvelle race de management, éprise de chiffres plus que de valeur
et d'avenir. Mon tout donne une foultitude d'entreprises "pommées", instables, non
pérènes.
Sur le plan sociétal, on peut parler d'impasses. L'impasse première, et prépondérante,
étant la disparition des repères sociologiques qui guident la vie quotidienne. Ainsi
le citoyen ne croit plus en son médecin, en les enseignants, en Monsieur le Maire,
en l'Administration, en son garagiste,...En cause l'information, qui fuse dans tous
les sens, jugeant, condamnant - souvent à tort -, sacrifiant des Hommes, des métiers,
des produits. L'impasse seconde est générationnelle. En France notamment, la génération
35-45 ans est bloquée par une filiation douloureuse. L'impasse troisième est purement
structurelle. L'incontinence politique des 30 dernières années a conduit le citoyen
dans le mur. A force de clientèlisme et d'absence de vision stratégique, les Etats
et les Gouvernements ont hypothéqué l'avenir. Exemples : la politique des transports,
l'agriculture, la santé, l'habitat, l'alimentation qui sont tous les jours pointés
du doigt pour leur incurie. Le pire étant la situation dramatique du prix de l'immobilier
à l'achat et à la location qui plombe le quotiden de nombreuses familles. Nous pensons
d'ailleurs que ce sujet sera au coeur de la prochaine crise économique, qui sera
une réplique sismique de la crise de 2008.
C'est cet ensemble de facteurs, issus du passé et du présent, qui amène une aspiration
à l'innovation. L'Economie y cherche son salut. La Société y cherche un nouvel espoir.